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Exposition : « L’usage des images »

Exposition du 6 au 28 avril 2019. Ouverture les mercredis, samedis et dimanche de 14h à 18h et sur rendez-vous.

Vernissage le 5 avril 2019.

« L’usage des images » Victor Vaysse.

Le collectif Chiffonnier organise sa première exposition monographique et invite à cette occasion Victor Vaysse, artiste parisien.
Cette exposition est la sixième de Chiffonnier, collectif/atelier d’artistes installé dans une ancienne usine de 590 m2 situé à coté de la place du 30-Octobre.
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Comme toujours, on se rend compte un peu tard combien le monde cybernétique aura fini par faire de nous des otages. On comprend le charme des signaux, celui de l’immédiateté du savoir et de l’urgence d’informer. Compulser, compiler, exécuter — des pages, des idées, des œuvres. Pour certains c’est une évidence, pour d’autres c’est une ligne de conduite. Aujourd’hui les machines apprennent à apprendre, et de notre côté on continue de se demander comment faire notre propre éducation.

Au royaume des écrans, si l’interface est reine, les exils sont rares. Car il reste des gens qui ne sont pas conducteurs. Quand ils finissent par vouloir agir sur le monde, il faut qu’ils passent par des dérivations. Victor Vaysse conduit. Il peut parfois conduire rond et toutefois conduire droit. Et c’est ainsi que de Paris, il peut se retrouver à Dijon

Dans une trajectoire parallèle, parti de la pompe de l’art il se retrouve à manier des images parmi les moins regardables — non qu’on ne veuille pas les voir, mais plutôt qu’elles ne s’y prêtent pas. Elles émergent d’un quotidien dans lequel elles sont fonctions pures. Des messages hors-texte, des signes, du décor. Ce sont les condiments de la communication.

À être trop servis on finit tétanisés, abonnés aux embarras plutôt qu’aux choix. On en retient : des séries de personnages, d’objets, chaussures, sportifs, cannettes, des statues antiques, du désir, de la paranoïa, des scans aux rayons X. À la main, un tube de ketchup rempli de résine, dans l’autre ses images presque illisibles dans la transparence du papier transfert, à l’esprit, l’idée de sculpter dans ce qui baigne d’ordinaire les objets. Au mur, des vitraux.

Victor Vaysse redessine leurs emballages, leur reproduction 2D, leur profilage. Ce qu’il discerne, c’est l’optimisation des images qui leur permet d’être identifiées et traitées facilement. Traitées comme des données et traitées comme des moins que ce qu’elles sont. Pour ceux qui aiment voir tout et partout, le fantasme du molka trouve sa réciproque chez Orwell. Ici, les sculptures en trompe-l’œil bougent aussi vite que le public pour livrer à l’œil toujours la même face. Comble de la sculpture.

Il s’attaque au mythe internet de l’omniscience et aux techniques modernes de l’image qui ont eu le pouvoir qu’il a eu de conditionner notre psyché et nos transactions. Exercice d’un regard photographique qui hésite entre deux mises au point, avant de tout unifier dans une surface garbage. Et pourtant, Victor Vaysse n’est pas un justicier.

Marilou Thiebault

Source et illustration : Atelier Chiffonnier

Publié par Jondi

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