Dijon, un destin européen

Article publié le 7 mai 2016

Le Puits de Moise à Dijon - photo © Nadège Hubert

Le Puits de Moise à Dijon – photo © Nadège Hubert

On a beau se sentir tout petits dans notre petite région d’un petit pays, Dijon reste un carrefour du « Vieux Continent ». 

Bien avant l’Union européenne, bien avant Erasmus, bien avant les lignes de bus permettant de rejoindre n’importe quelle capitale depuis la gare de Dijon, des Européens sont venus à Dijon et ont marqué l’histoire de la ville. Retour vers le futur de l’Europe.

Garibaldi, l’Italien qui a sauvé Dijon

Garibaldi © Ville de Dijon

Garibaldi – photo © Ville de Dijon

En plus d’avoir contribué à la constitution de l’Italie unifiée, Giuseppe Garibaldi s’est illustré pendant les guerres prussiennes de 1870 dans notre bonne vieille ville. Pas moins de trois batailles se dérouleront à Dijon entre 1870 et 1871. Le général, venu prêter mains forte à la République qui avait remplacé le règne de Napoléon III, s’est entouré de Polonais, d’Espagnols ou encore de Hongrois, une véritable auberge espagnole! Avec ses chemises rouges, Garibaldi remonte depuis Marseille avec l’ambition de virer les Prussiens de la capitale bourguignonne. Passons sur le déroulement des batailles pour en arriver à la conclusion : les 21, 22 et 23 janvier 1871, Dijon fut attaquée par 4 000 Prussiens, et Garibaldi sort victorieux de l’affrontement. Un armistice met fin à la présence de Garibaldi à Dijon. Et pour donner une dimension actuelle à toute cette histoire, il faut savoir que la ville fut saluée pour sa résistance le… 30 octobre 1870! La « place du 30 ». Ça y est, c’est plus clair ? Et devinez quel personnage a eu le droit d’abord à sa statue puis à sa rue et de nouveau à une statue (un buste dans le parc du château de Pouilly) : Giuseppe lui-même, c’était le moins que l’on puisse faire!

(sources: France 3 Bourgogne)

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Le Puits de Moise, Claus-Sluter – photo © Nadège Hubert

Deux Claus sinon rien ! 

Le puits de Moïse est indiqué avec fierté sur les panneaux touristiques, dans les guides et est régulièrement cité en référence des sites incontournables de la ville. Vestige d’un calvaire de l’ancien monastère de la Chartreuse de Champmol, le puits qui s’inscrit dans le patrimoine et l’histoire de la région a été créé au XVe siècle par deux sculpteurs hollandais : Claus Sluter et son neveu Claus de Werve. Le cadet aura également la charge de finir le tombeau de Jean sans Peur, notamment une partie des pleurants. Les Pays-Bas ont marqué de leur talent l’Histoire dijonnaise.

(source: musée des Beaux-Arts de Dijon)

Histoire de Cloche 

Dans l’histoire de la ville, on trouve des références à l’hôtel de la Cloche depuis 1424. Bien que ses noms aient alterné, tantôt La Cloche, tantôt hôtel Condé, que son emplacement ait varié, il demeure une constante : sa capacité à attirer les Européens, qu’ils soient simples touristes, notables ou encore envahisseur pendant les périodes de guerre.

En 1846, Léopold 1er, roi des Belges, passe une nuit dans l’établissement mais l’histoire ne dit pas si on lui a servi des frites (qui avaient été inventée au XVIIe siècle).

En 1906, l’hôtel accueille Sa Majesté la reine Marguerite d’Italie qui, se rendant de Paris à Turin, choisira de séjourner à Dijon. Et bien qu’elle voyage incognito, sa suite et sa voiture ne manquent pas d’attirer l’attention à l’époque.

En 1908, l’archiduc Charles François-Joseph d’Autriche, plus connu sous son pseudo de l’époque, à savoir, empereur d’Autriche,  s’arrête à son tour. A lui tout seul, c’est non seulement l’Autriche qui fait escale à la Cloche mais aussi la Croatie, la Galicie (Pologne et Ukraine actuelles) et la Toscane (Italie).

Plus tristement dans l’Histoire, l’état-major allemand réquisitionna l’hôtel pour s’y installer en 1940.

Aujourd’hui, ce sont plutôt quelques artistes de renommée européenne qu’on espère apercevoir au balcon de l’une des chambres.

(source: Flânerie à Dijon par Guy Renaud)

Des liens ancrés dans le temps

Bien qu’il y ait désormais une belle histoire d’amitié en Dijon et Mayence avec notamment la maison Rhénanie-Palatinat, il existe en Europe un autre pays qui a tissé des liens particuliers avec la ville. Depuis 1920, le lycée Carnot propose des classes tchèques. Une tradition de longue date simplement interrompue par la guerre ou le communisme mais qui a valu que Vaclav Havel, président de la République tchèque, vienne lui-même en visite à Dijon en mars 99. Dijon aime la République Tchèque, la Tchéquie pour les intimes, et elle le lui rend bien puisqu’une maison de la Bourgogne a vu le jour à Prague. C’est l’amour à l’européenne!

(sources: Cairn info et livre Dijon Nostalgie de Marie-Françoise Barbot)

Publié par Nadège Hubert

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