Griefjoy : « La joie de ressentir la tristesse »

Article publié le 24 janvier 2014

Révélation de l’année 2013 pour beaucoup (dont nous), les Niçois de Griefjoy seront en concert à la Vapeur le 19 février. On a pu parler avec le chanteur, Guillaume, au téléphone. Interview.

Il y a quelques jours vous étiez sur le plateau de Canal +. Ça s’est bien passé?
Oui c’était sympa. Ça s’est fait un peu à la dernière minute, c’est notre première vraie télé avec autant d’audience, et ça s’est bien passé.

Il est sympa, Maxime Musqua?
Oui, en fait on le connaissait d’avant : c’est un Niçois lui aussi et ça fait plaisir de le retrouver là-bas.

Votre succès ressemble à quelque chose d’explosif, on a l’impression que ça va très vite.
Merci. On fait de la musique ensemble depuis quasiment 6 ans. C’est pas comme si on avait fait une téléréalité et que ça nous tombait dessus : on a beaucoup travaillé et on est préparés pour ça.

Votre premier groupe s’appelait Quadricolor et a été remarqué par les Inrocks, ce qui n’est pas rien [ndlr: lauréats CQFD]. Et finalement vous avez changé de nom…
On avait 17-18 ans. Aujourd’hui j’en ai 22, et c’est difficile de savoir où on veut aller. On n’a pas de recul. Tout ce qu’on veut, c’est donner quelque chose de différent de ce qu’on peut entendre.

On a du mal à définir votre musique. Quand on écoute le tube qui vous a fait connaître, Touch Ground, on penserait presque à Depeche Mode. Mais d’autres morceaux ressemblent carrément à autre chose. Il paraît que vous êtes très influencés par Radiohead… c’est quoi, vraiment, votre style de musique?
Si c’est dur à définir, c’est parce que pour chaque morceau, on a emprunté dans plusieurs styles différents. Ça peut faire penser à Depeche Mode dans le sens où ce sont des mélodies un peu lancinantes ou mélancoliques, mais au niveau des percus par exemple, on est plus sur des rythmiques jazz. En réalité on s’inspire beaucoup des coups de cœur qu’on a pu avoir et nous-mêmes, on a du mal à mettre une étiquette sur notre musique. On met des émotions.

Justement, le nom du groupe, Griefjoy, oppose la tristesse et la joie. C’est pas un peu manichéen?
Pas tant que ça : la tristesse et la joie mélangées, ce sont des émotions que l’on ressent dans la mélancolie, dans la nostalgie. Mais on essaie d’aller plus loin que ça, on est un peu plus pervers. Si on va au fond des choses, Griefjoy, c’est la joie de ressentir la tristesse.

Il vous aimait bien, votre prof d’anglais?
Pas vraiment en fait. On n’était pas de très bons élèves. En anglais, je me rappelle une année où j’ai eu 3 de moyenne. L’un des membres du groupe a même atteint zéro et demi, donc vous voyez, on bat des records. On est juste passionnés par la culture anglo-saxonne.

Vous avez fait des sacrés progrès, alors…
On a un parolier, qui lui est parfaitement bilingue. Il travaille plus sur des thèmes qu’on lui donne, et il en fait comme des petits poèmes qui se collent sur les mélodies. Nous, notre truc, c’est la musique, et on s’exprime uniquement par la musique.

 

Publié par Jondi

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