Vive les ploucs !
Article publié le 2 mai 2013
Depuis 1998, les Fatals Picards sillonnent la France sans relâche avec leur humour très second degré. Avant la sortie de leur 7e album et leur passage à la Vapeur le 18 mai, le guitariste-chanteur Laurent Honel répond à nos questions. Parlons Bourgogne et bourgogne.
Une trentaine de dates à venir… Ça y est, vous reprenez la route ?
On est toujours su la route. Mais là, après 2 semaines de studio, on reprend la grosse tournée.
Vous venez jouer à Dijon le 18 mai. La veille, vous êtes en Haute-Savoie, et le lendemain, à Saint-Nazaire… On a encore l’impression de passer pour des ploucs…
Le groupe s’est construit sur la scène. On fait 90 dates par an, et on va bientôt donner notre 1000e concert. C’est fatigant, mais c’est un beau métier. C’est vrai que Saint-Nazaire, c’est un peu extrême, mais je n’ai rien contre la Bourgogne, au contraire. J’y viens souvent à titre individuel, pour des raisons éminemment gastronomiques, œnologiques et architecturales. Et puis la Vapeur, c’est une salle qu’on aime bien. Encore une fois, on n’a rien contre les gens de Saint-Nazaire, d’ailleurs s’ils ont une bonne bouteille, on est toujours preneurs.
Il paraît que vous préférez Aloxe-Corton ou Mercurey…
A nos débuts, dans les loges, on avait toujours du bordeaux. Mais maintenant, on a demandé à changer pour du bourgogne.
Et votre favori est ?
Il y a deux semaines, on a bu un pernand-vergelesses 2009… tout simplement exceptionnel. Si les gens du coin veulent savoir ce qu’on fait de nos droits d’auteurs, ben voilà : on les réinvestit dans la région.
Merci, c’est sympa. Alors sinon, vous travaillez sur un nouvel album ?
On vient de le finir. On est en train de mixer. On avait fait une première session d’enregistrement en novembre pendant une semaine, avec 5-6 titres, mais on n’était pas trop satisfaits. Et là on vient de faire deux semaines en studio pour enregistrer 8 titres. L’album devrait sortir vers le 15 octobre et s’appellera, si on ne change pas d’avis entre-temps, Septième ciel, vu que c’est notre septième.
Sur la thématique, vous êtes très branchés actualité. Et elle était chargée ces derniers temps…
On l’est moins sur ce coup-ci. On part du particulier pour aller plus sur le général. Oui, on a abordé des thèmes fédérateurs comme l’immigration, l’homophobie, mais on n’est pas non plus Saez ou Zebda (on n’a rien contre eux).
Par exemple ?
On a une chanson qui s’appelle Gros Con, sur les femmes battues, une autre De l’amour à revendre, sur l’usure du couple… parce qu’on dit toujours qu’un couple bat de l’aile, au singulier. Alors s’il n’a qu’une aile, on se demande comment il vole à la base. Une autre chanson s’appelle PPDE, un « petit poisson d’élevage » qui se demande pourquoi il grandit dans une boîte. En fait, la seule chanson d’actualité, c’est Atomic Twist, en référence à Fukushima.
Et tout ça, on pourra l’entendre à Dijon ?
Oui, on joue 5-6 nouveaux titres sur scène. On a d’ailleurs une chanson, Pogo d’amour, qui est vraiment pour la scène.
L’un de vos titres s’appelle Miss France, or l’actuelle Miss France est bourguignonne…
Ah bon? Au moins celle-là, elle a pas bouchonné.
C’est tout ce que ça vous inspire… Entre le studio et la tournée, vous êtes à Saint-Trop’ ?
Là je suis à Lille. Remarque, Lille, c’est un peu le Saint-Tropez du Nord. J’y passe la moitié de l’année. Ça a pas l’air comme ça, mais on est des bosseurs. On fait pas mal de choses. Ceci dit, on a de la chance, on travaille. Et c’est pas la mine non plus. En vrai, on est des faux rockeurs. On est des pères de famille et on travaille. Juste qu’on véhicule un truc. Mille concerts, c’est fatigant, mais c’est de la bonne fatigue, comme on dit. On vient d’atteindre notre 100000e fan sur Facebook, ça donne un peu la mesure de la chose.
Merci, justement, pour ce que vous véhiculez. Nous aussi ici on a l’impression d’être pris pour des péquenauds les trois quarts du temps.
C’est important qu’il y ait des ploucs, des groupes qui aient l’air un peu moins cools. Ça permet aux gens qui ont envie de faire croire qu’ils sont cools, qu’ils le sont. Alors qu’en fait, c’est nous qui sommes vraiment cools.
Interview intégrale, extraits publiés dans Dijon-Beaune Mag . Photo © Antoine Moussy



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