Le spectacle « Comme si nous… » vu par les élèves de l’école York

Article publié le 25 février 2020

Photo © Jessica Calvo – L’Artifice

Douze élèves de l’école élémentaire York se sont prêtés au jeu de la critique de spectacle. Dans le cadre d’une résidence avec la compagnie L’Artifice, ils ont assisté à la représentation de « Comme si nous… L’assemblée des clairières »  à la salle Jacques Fornier à Dijon et livrent leur point de vue, sans langue de bois ! Du décor au costume en passant par les textes, ils ont relevé le meilleur et le moins bon.

Unanimes ! Abdelkader, Bénédite, Garance, Imrane, Malika, Marion, Noham, Oprah, Pablo, Pharell, Rafa et Victor encouragent les spectateurs à découvrir « Comme si nous… L’assemblée des clairières », la nouvelle pièce de la compagnie L’Artifice, à laquelle ils ont pu assister la semaine dernière salle Jacques-Fornier. « On se prend à l’histoire, on les voit jouer et c’est comme si on était dans les pages du livre qu’ils racontent. » Les élèves du CE2 au CM2 ont salué la performance des artistes. « Ils sont bien dans leur rôle », « il y a même quelques extravagances de costumes, des postures amusantes ». Pour autant, les enfants se montrent francs sur ce qu’ils ont moins apprécié : « Quand l’une des comédiennes pointe sa lampe sur la salle, moi ça m’a mise mal à l’aise ! » Et puis, « parfois, ils précisent quel personnage ils incarnent alors que ce n’est pas nécessaire, les accessoires suffisent ! »

Justement, les accessoires et la mise en scène n’ont pas échappé aux jeunes critiques. « Ils se débrouillent avec trois fois rien, les costumes étaient simples mais une casquette, un doudou et des caisses en bois et hop, on se croyait dans le bus. » Une simplicité qui n’a pas séduit la totalité de nos spectateurs à l’œil affûté. « Comme c’est simple, parfois, ça ne respecte pas la description qui est faite dans le texte et ça perturbe ! » Des détails comme la présence de fumée, la bande sonore, n’ont pas échappé aux élèves de l’école York. « Ça crée une ambiance, du mystère. » L’histoire fait aussi la part belle à la présence de masques. De genres différents, certains se sont révélés dérangeants : « Trop inexpressifs, ils avaient un côté un peu effrayant », tandis que d’autres ont emballé les jeunes. « J’ai particulièrement aimé cette scène. Les masques traduisaient les émotions. »

Sur le texte, les remarques fusent. « J’ai trouvé qu’il y avait trop de gros mots ! » s’indigne un critique avant qu’un autre ne fasse remarquer que finalement « il n’y en avait pas beaucoup. » « Moi je regrette qu’il n’y ait pas de cris d’animaux » insiste une élève sans pour autant révéler l’intrigue de la pièce. Les jeunes gens s’accordent à dire que « Comme si nous… » apporte aussi sa part de rires et de répliques cinglantes mais ils retiennent surtout un autre élément de la mise en scène. « C’est bien qu’il y ait des chansons ! » Si nos douze critiques sont d’accord sur ce point, ils divergent sur les durées. « Elles sont trop courtes », « non, trop longues à certains moments. » Le spectateur jugera.

Il se fera également son avis sur la présence ou l’absence d’action évoquée par les élèves, qui n’ont pas une opinion commune sur ce point. « C’est une histoire policière, y’a pas d’action ! » dit l’un avant que l’autre ne réplique : « Si, avec les naufragés, y’en a ! » Tantôt amusante, tantôt triste, la pièce laisse les critiques sur leur faim. « Quelques questions restent en suspens ! », « on avait envie que ça continue ! »

Les jeunes ont cependant percé les messages du spectacle ou les ont retranscrits à leur façon. « La pièce dit qu’il faut que les parents soient gentils », mais aussi que « les adultes doivent écouter les enfants et leur donner de la liberté » tandis qu’une autre insiste : « Ça dit aussi que les enfants ne sont pas des esclaves. » Pour certains, plus pragmatiques, d’autres messages ressortent. « Il ne faut pas laisser les enfants sans surveillance » ou encore « il ne faut pas polluer, surtout les adultes ! ». Les plus imaginatifs ont vu une façon de dire qu’« il ne faut pas s’empêcher de rêver car son esprit reste libre de toute façon ». Les douze jeunes critiques avouent parfois se reconnaître dans les personnages évoqués dans « Comme si nous… ». Une raison sans doute qui les encourage à conseiller à tout un chacun d’aller voir la pièce. Pour autant, si six d’entre eux se réjouiraient à l’idée d’y retourner, les six autres sont plus dubitatifs. « Ce serait ennuyeux vu qu’on connait déjà la fin et je risque de la raconter aux autres. »

Un projet d’éducation artistique et culturelle de la ville de Dijon inscrit dans le cadre d’une résidence artistique en école portée par la Minoterie et menée par la Cie L’Artifice. Un projet soutenu par Canopé.

Le spectacle sera présenté les 2 et 3 avril à l’Arc au Creusot.

Publié par Jondi

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