La revanche des Eagles of Death Metal

Article publié le 17 février 2016

Notre ami le Docteur Larry était au Bataclan le 13 novembre dernier. Hier soir, il a assisté au concert reprogrammé, à l’Olympia, des Eagles of Death Metal. Et nous a ramené quelques souvenirs.

« Mardi 16 février 2016, 19h, boulevard des Capucines, Paris, IXe.

L’Olympia, grosse salle de spectacle, mythique, est juste à côté de l’Opéra, ça brille, c’est bling-bling, c’est pété de touristes, et plutôt chaleureux.

Sur le trottoir, au 28, des barrières sont alignées sur une cinquantaine de mètres, en parallèle aux cars de CRS, et ponctuées d’agents, palpations et contrôles, mais c’est bon enfant, les gens discutent, ce doit être le lieu le plus sûr de France.

eagles-of-death-metal-olympia-c-Docteur-LarryL’émotion, qui est déjà énorme, monte d’un cran, c’est cliché, mais c’est tellement beau, des lettres rouge vif qui éblouissent et réchauffent; EAGLES OF DEATH METAL. Enfin …

En entrant, on ne peut qu’être étonné par la gentillesse et la bienveillance de tous et toutes, flics, agents de sécu, accueil, staff, spectateurs… Ça y va de son sourire, d’une poignée de mains ou une bise à un inconnu, des embrassades, des hugs, une main sur l’épaule, une petite tape dans le dos, tout le monde sait pourquoi il est là.

Le bar en contre-bas des marches, disposé comme dans un amphi, est le point apéro.

On se présente, se salue, discute, personne n’est seul.

A l’affiche ce soir, le même groupe de première partie qu’au Bataclan en novembre White Miles, un duo rock-blues sacrément burné. La chanteuse guitariste arpente le plateau avec ce qu’il faut de rock & roll dans ses pas et son attitude, pendant que le batteur inflige une correction magistrale aux peaux de ses fûts, les pauvres. Les Autrichiens ont une revanche à prendre, sortir leurs cartes de ce jeux, dont la donne était plus que mauvaise. Ils le font avec hargne et classe, la prestation est bouillante, et leurs noms enfin sur les lèvres des spectateurs.

eagles-of-death-metal-olympia-paris-c-drLarryAprès une énième pinte, c’est l’heure de la grand-messe. Les lumières s’éteignent, la foule réclame, Jesse Hugues apparaît drapé d’une cape rouge au son de « Paris s’éveille » de Dutronc. S’ensuivent cinq bonne minutes d’envoi de baisers et saluts, génial. Le groupe est au complet, y compris Josh Homme. C’est parti, les hits rock sont enchaînés, à commencer par « I only want you », qui avait été interrompu au Bataclan, marquant aussi un instant de silence.

Le show, filmé, est complet, et rempli d’imprévus, lancer de tee-shirt sur scène, d’écharpe en laine tricolore, explosion de guitare, parce qu’une corde est cassée… Hugues est surexcité, Homme est flegmatique, Dave Catching est barbu, et le duo basse batterie, qui était dans le public avant le set, joue grave le jeu de la communication. Durant le « solo » du gentil Dave (bûcheron, pas hipster), le leader des E.O.D.M. ira jusqu’à jouer dans le public, sur le fronton du balcon, dans un grand délire général.

Voilà, ça fera un peu plus de deux heures que le groupe joue, à fond. Sous une liesse générale, les Eagles Of Death Metal saluent. C’était bon, c’était long, c’était grandiloquent, des fois pas très spontané, mais rien à foutre, c’était du gros show. »

Texte, photos et vidéo © Docteur Larry

Publié par Jondi

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