Sol: « The Voice est une machine à buzz »

Article publié le 4 février 2016

Sol bluffe le jury de The Voice avec une interprétation surprenante de Crazy, de Gnarls Barkley. © TF1

Sol bluffe le jury de The Voice avec une interprétation surprenante de Crazy, de Gnarls Barkley. © TF1

INTERVIEW. Il a « scotché » le jury de The Voice et est passé en quelques secondes de l’anonymat aux feux de la rampe. Quelques jours après la diffusion de l’émission sur TF1, et des millions de vues sur internet plus tard, le Dijonnais Sol reste lucide: ce buzz « ne veut pas dire grand-chose », et « le plus dur reste à faire ».

(Si vous avez raté la vidéo, vous pouvez revoir l’extrait ici)

 

7,2 millions de téléspectateurs. Ça fait plus d’un Français sur 10 qui a vu ta performance. Ça ressemble à quoi ta vie depuis samedi?

A ce que c’était avant. Sincèrement. Certes internet s’affole, mais Dijon a ceci de cool: je suis sorti boire un café hier, des gens m’ont reconnu, m’ont félicité, et c’était toujours détendu, “à la cool”. La mentalité dijonnaise “protège” du succès.

 

Tu t’attendais à un tel effet?

Non. J’ai vécu le truc avec des potes dans un café dijonnais parce que je ne voulais pas regarder. Je n’ai réellement pris conscience de l’effet que ça avait fait que le dimanche.

 

L’émission a été enregistrée en novembre, tu avais vu le jury se retourner, s’exalter, le public aussi, Zazie qui fait la roue en robe… les signes étaient tout de même bons, non?

J’ai vu leur réaction mais n’ayant pas vu les autres candidats, je ne savais pas à quel point j’en étais par rapport à eux. Je préférais être prudent, tu sais, je viens d’un milieu indé, j’ai appris à me méfier.

 

« C’est de bon augure de constater que même le grand public n’est pas complètement formaté. »

 

Certains journaux people te donnent gagnant avant l’heure, tu es conscient d’avoir franchi un grand pas?

Ça me flatte mais ça ne veut pas dire grand-chose. C’est surtout l’engouement populaire qui fait plaisir, des gens aussi un peu connus et reconnus qui écrivent pour me féliciter…

 

Du type Pascal Nègre, le patron d’Universal France? C’est pas rien!

Oui, c’est gentil de leur part, mais pour l’instant, je n’ai encore rien fait! Le plus dur est à venir, je n’ai pas sorti d’album. C’est un magnifique tremplin mais c’est une compétition entre chanteurs, avec 300 candidats. J’ai fait un buzz mais cette émission est faite pour ça: c’est une machine à buzz. Or un buzz, en général ça retombe très vite.

 

La plupart des réactions sont très positives, mais d’autres peuvent être très dures. Ça t’atteint? Comment tu le gères?

Ça fait partie du jeu. Quand tu es musicien, il faut être prêt à accepter la critique. Ce n’est pas à la même échelle parce que là on parle de millions de vues, mais dès que tu montes sur scène, tu t’exposes. Je m’attendais d’autant plus à des critiques, que sur cette interprétation, Crazy, de Gnarls Barkley, ce n’était pas une proposition “variété”, mais un son comme je les aime: soul, bien crade, aux accents de blues. La version que tu as entendue était un arrangement de mon ami Guillaume Muschalle, qui joue lui aussi beaucoup dans les bars dijonnais: ils ne l’ont pas touchée d’un iota! C’est de bon augure de constater que même le grand public n’est pas complètement formaté.

 

Pourquoi tu n’as pas choisi Mika? C’est à cause de la roue en robe, avoue…

Zazie est une artiste qui a toujours écrit sa musique, ses textes, que je respecte et qui artistiquement me plait. Avant de monter sur scène je m’étais dit “Si elle se retourne, c’est vers elle que je vais”, alors la roue en robe, c’est vraiment anecdotique.

 

Tu es plutôt discret sur ton identité, pourquoi le pseudo?

Cette expérience est un tremplin pour ma carrière musicale, je n’ai pas envie de raconter ma life aux médias. Je me dis que si je fais profil bas, j’arriverai peut-être à vivre de ma musique et c’est ça l’objectif.

 

Justement, ça fait pas mal de temps que tu tournes, on a retrouvé une vidéo de 2011 dans laquelle tu chantes avec l’un de tes anciens groupes, L’Effet Kartell. Ça te dérange si on la relaie?

C’est Manicheism, une de nos compos blues. Tu peux y aller, je n’en ai pas honte, mais tu précises bien que c’est vieux!

 

Concrètement, maintenant, ça va se passer comment pour toi?

Ça a déjà été enregistré aussi, mais je suis sous contrat et je ne peux rien te dire de plus que ce que tu peux de toute façon trouver sur Wikipedia.

 

Il ne nous reste donc qu’à te dire “merde”.

Je prends, je prends.

 

Interview réalisée le 3 février 2016, propos recueillis par Bertrand Carlier – Jondi

 

Publié par Jondi

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