Exposition « Abstraction excentrique »

Exposition du 5 décembre 2025 au 24 mai 2026 – Du mercredi au dimanche de 14h à 18h et jusqu’à 20h le vendredi. Fermé les jours fériés, le 24 et 31 décembre 2025.
Du 5 décembre 2025 au 24 mai 2026, découvrez « Abstraction excentrique » au Consortium Museum, une exposition collective réunissant des peintures et tapisseries réalisées par des artistes des années 1950 à 1970 à Paris : Nino Calos, Jean Dewasne, Nicolas Ionesco, Yves Laloy, Mathieu Matégot, Yves Millecamps.
En 1966, à la galerie Fischbach de New York, Lucy Lippard invite huit artistes – Alice Adams, Louise Bourgeois, Eva Hesse, Gary Kuehn, Bruce Nauman, Don Potts, Keith Sonnier, Frank Lincoln Viner – sous la bannière d’une hypothétique « Eccentric Abstraction ».
L’abstraction américaine encore sous la coupe de l’expressionniste abstrait, n’a pas vu venir ces excentriques réunis à la va vite, mais non sans perspicacité par la jeune critique new-yorkaise. Le générique compte des figures dont l’excentricité restera à tout point fidèle à l’affirmation de Lippard : « Une tentative pour estomper les frontières… entre le minimalisme et quelque chose de plus voluptueux et sensuel… ».
En hommage à Lucy Lippard, retirée au fin fond du Nouveau Mexique, les deux commissaires Seungduk Kim et Franck Gautherot, ont francisé ce qui reste un magnifique titre d’exposition « Abstraction excentrique » en y convoquant des artistes actifs à Paris entre les années 1950 et 1970.
Plongeant dans les méandres de l’abstraction géométrique, dont les tangentes, – depuis César Doméla –, ont arrondi les angles trop droits, six artistes à la gloire éteinte ou passée, se retrouvent sur les cimaises du Consortium Museum pour une bataille de peintures et de tapisseries en marge de ces éternels retours que le monde de l’art connaît et met en scène régulièrement.
Certains d’entre eux ont fait carrière dans les cercles officiels de l’Académie des Beaux-Arts – Jean Dewasne s’est assis dans le fauteuil d’Hans Hartung, et l’a laissé à son tour à Yves Millecamps.
Plongeant dans les esthétiques typées, modernistes devenues compassées avant de revenir au goût du jour, cette bande d’artistes sont réunis ici même par le raccourci de l’excentricité, entre dans le panthéon des redécouvertes, des réajustements, des sautes de goût dont l’institution dijonnaise a le secret.
Dès l’ouverture de l’exposition se dessine une hypothèse où la tapisserie, décorative dans sa nature même, affiche d’emblée sa collégialité avec la peinture. L’art du tissage et l’art de la peinture sont en osmose et défendent ensemble un propos sur l’art accroché aux murs.
La tapisserie avait eu, au cours des âges classiques, dans un concours de virtuosité sans fin, la volonté de rivaliser dans la multiplication des couleurs et des finesses de fils avec l’infini catalogue des couleurs possibles dans la peinture. En vain. Faisant preuve d’une audace iconoclaste, le bataillon des jeunes Lurçat, Picart Ledoux, Dom Robert… allait mettre à mal une telle sophistication pour la remplacer par des aplats, des contours, des couleurs primaires, des tons séparés, dans un renouveau formel et stylistique original. L’engouement est tel que cette catégorie obtient une biennale qui de 1962 à 1995 présentera, à Lausanne, plus de 600 artistes du monde entier. […]
— Franck Gautherot et Seungduk Kim
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Le Consortium Museum est ouvert du mercredi au dimanche de 14h à 18h et jusqu’à 20h le vendredi. Fermé les jours fériés, le 24 et 31 décembre 2025.
Tarif : 5 €. L’entrée est gratuite tous les vendredis de 17h à 20h.
Des visites commentées (gratuites et sans réservation) sont programmées les vendredis à 18h30, les samedis et les dimanches à 16h.
Consortium Museum, 37 rue de Longvic à Dijon (parking souterrain gratuit).
Contact : 03 80 68 45 55 / contact@consortiummuseum.com
Source : Consortium Museum – photo : Rebecca Fanuele © Consortium Museum
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