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Playtime – Classe Cycle 3 du Conservatoire à Rayonnement Régional de Dijon

Les 12 et 13 juin, le Théâtre Mansart accueille sur son plateau les élèves de Cycle 3 et Cycle 3 spécialisé du Conservatoire à Rayonnement Régional de Dijon pour leurs projets de fin d’année. En amont, une résidence de quelques jours leur offre l’occasion d’approcher les différentes composantes d’un spectacle. Avec ces productions, iels éprouvent un processus de création dans son entièreté, passage à l’acte essentiel dans un parcours artistique.
Au programme, une réécriture contemporaine d’Othello menée avec leur professeure Marion Laboulais ainsi que des projets personnels, dans lesquels les élèves se sont engagé.es corps et âme, avec une variété de formes et de sujets qu’iels souhaitaient questionner et partager.
Ces propositions représentent l’aboutissement de leur parcours au Conservatoire : elles seront évaluées dans le cadre de l’obtention du Diplôme d’Études Théâtrales (DET).

Vendredi 12 juin
16h30 – La faim justifie les moyens [DET] Reda Badidi
Reda, étudiant en théâtre au conservatoire, débarque à Lausanne, en Suisse, pour travailler un été comme recruteur de donateurs pour des ONG.
Un seul objectif : tenir le plus longtemps possible, gagner un maximum d’argent et poursuivre ses études. Le travail est respectable : aller à la rencontre des passant·e·s pour les sensibiliser aux projets solidaires de l’association. Mais la réalité est plus ambiguë. La pression de la hiérarchie, la manipulation, les mensonges, les rejets et la solitude deviennent le quotidien du dialogueur·euse. Dans ce système, régi par la faim de résultats, la faim d’argent, de performance, Reda, lui, doit apprendre à survivre avec la sienne : la faim de rire, de vivre, de continuer. Face à la voracité d’une société qui use les corps et épuise les espoirs, quels moyens justifie cette faim ?

17h30 – Racid Carré [DET] Mathis Combalot
Ce sujet est-il personnel ? Est-ce que j’en ai la permission ? Ces constructions qui prospèrent sont-elles permanentes ? D’où vient ce manque de repère ? Quelles sont les perspectives ?
Est-ce pertinent ? Qui tempère les répercussions ? Combien s’exaspèrent ? Combien coopèrent ? Qui opère les impairs de ceux qui voudraient nous faire taire, pour faire paire ?

18h15 Concert Afrobeat – Elèves musicien·ne·s du CRR
Groupe mené par Pierre-Hervé Angilbert, Département Jazz

19h15 Concert Chanson – Elèves musicien·ne·s du CRR
Groupe mené par Didier Poulain, Département Voix

20h30 Othello – Projet de groupe mené par Marion Laboulais
La pièce Othello de Shakespeare questionne la notion d’altérité, interroge la tradition raciste du blackface et la romantisation des morts féminines dans l’art.
Othello, général engagé par la République de Venise pour défendre Chypre contre les ottomans, se marie clandestinement avec Desdemone, la fille d’un sénateur. Les deux amants se débattent alors avec les discriminations de genre et de race.
Accompagnés par Marion Laboulais, les élèves du cycle 3 et cycle 3 spécialisé se sont questionnés sur la représentation des féminicides et des personnes racisées au théâtre. Rejoint·e·s dans leur recherche par les étudiant·e·s du M2 Recherche et création, iels délivrent aujourd’hui leur vision contemporaine d’Othello.

Samedi 13 juin
14h – La Crique [DET]  Eloïse Fleurot
Derrière un supermarché, une école ou un cirque à l’abandon, une bulle subsiste au vent qui a tout soufflé. Un joueur de flûte élève ses bêtes dans des pots dans la loge, des magiciens font le spectacle pour que la vie continue malgré le lourd secret qui court sur les murs.
Dehors, il y a 14 personnes dans le public, un pied de micro et un monstre aux mille visages qui ronronne plus loin, dans les collines sûrement. De toute façon on est toustes un peu myopes.

14h45 – Saudade [DET] Camille Aubry
« Le grenier du souvenir, c’est peut-être une plage. C’est la mer qui vient s’échouer sur le sable. C’est les souvenirs qui viennent mourir sur la conscience. On y trempe les pieds. On s’y abreuve. On y dépose ses larmes. Gouttes salées éparpillées sous les paupières. Marée de souvenirs.
Chez nous, être vivant c’est regarder la mer pendant des heures. Sans être heureux ou triste. Juste se poser, s’enfoncer dans le sable et scruter le littoral. »
Portée par le théâtre d’archives et le théâtre de marionnettes, Saudade est une ode au souvenir des êtres aimés. À ce qu’il nous reste d’eux, après. Les photos, les vidéos et les objets. Cessons-nous un jour de les repasser en boucle, à la recherche de précieux détails sur des fantômes ? Est-ce que cela suffit à pallier la mémoire qui grignote les souvenirs ? Les plis du visage, les soupirs discrets et le soleil sur l’épiderme. L’odeur de poussière du dernier été, la tendresse d’une étreinte ou le son d’un éclat de rire.

15h45 – Pour qu’on m’aime au moins [DET] Gary Brandao
« On est dans une maison, la cuisine, la salle de bains, on sait pas. Les souvenirs sont flous, le corps commence à peine à les recracher. Il y a des oiseaux et des chats, des chiens, un enfant et des hommes qui se battent dans ce vortex Rock’n’Roll, or je veux qu’ils sortent tous. »

16h30 – Essaye-moi, Piñata [DET] Victor Soudan
Piñata est une créature qui vit dans un enclos sans coin. Comme la connue, piñata de papier, elle est là pour être détruite. Elle est décorative, attirante, colorée artificielle et destinée à mourir pour faire plaisir. C’est simple, efficace, on la frappe, elle, elle offre, enfante, met bas, l’objet le plus convoité par la personne qui bat. Tout ça est habituel, mais, en vérité, la vraie chose est qu’elle se retrouve propulsée star n°1 des médias et du peuple lorsqu’on l’accuse d’avoir tué un enfant. Caméra, micro, spot lumière, antenne cravate dans 2 min, pour l’interviewer. La mettre en face de son acte en partageant au monde, son histoire, des tréfonds de l’intime à aujourd’hui, dans une mise en scène jouée en direct, sur le plateau du Théâtre Mansart, pour comprendre ce qui l’a poussée à tuer.
Essaye-moi, Piñata, c’est l’histoire d’un être piégé dans une fiction fabriquée pour l’empêcher d’être, ou peut être justement, pour être. Bon…

Gratuit sur réservation auprès du Conservatoire de Dijon
Billetterie

Source et illustration : Théâtre Mansart, CROUS BFC

Publié par Jondi

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