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Work In Progress : Maëva Ferreira Da Costa + Julie Carré

Depuis maintenant deux ans Un Singe en Hiver accompagne la jeune création numérique locale.

Après Simon Bart en 2021, ce sont les artistes Maëva Ferreira Da Costa et Julie Carré qui bénéficient cette saison d’un soutien prenant notamment la forme d’une bourse d’aide à la création, d’une mise à disposition de notre parc technique ainsi que d’un espace de travail et de sessions de mentorat assurées par des artistes chevronnés.

Première levée de voile en présence des artistes sur leurs productions respectives le mardi 17 janvier dès 18h sous la forme d’une exposition éphémère.

L’œuvre de Maëva Ferreira Da Costa donne forme à une archéologie spéculative toute personnelle, grâce à laquelle elle introduit un rapport poétique aux lois de la nature et peut imaginer de nouvelles de formes de vie. Empruntant à la géologie, à l’astrophysique comme à la biologie, son esthétique de laboratoire est enfin mise au service d’une réflexion trans-, voire post-humaniste, qui interroge la place de l’homme dans l’univers, le rapport à son milieu et le pouvoir que lui confère la science.
L’Orchestre cosmogonique, est une installation sonore racontant différents scénarios de cosmogénèses, récits de l’apparition détonante de l’Univers selon divers peuples terrestres. Inspirée par ces mythologies, ainsi que par des recherches scientifiques concernant des modèles cosmologiques probables, la pièce se présente sous la forme d’un arrangement de modules, à la fois sculpturaux et instrumentaux. Activés par la déambulation du public dans l’espace, les instruments interprètent une partition traduisant les tout premiers sons du monde. L’expérience vise à aider les visiteurs de l’exposition à s’accorder pour penser à l’unisson. I1.Bruit de fond, le premier objet de cet instrumentarium, fait écho à l’image du fond diffus cosmologique, rayonnement électromagnétique nous indiquant, notamment, l’âge de l’Univers. L’assemblage de multiples céramiques noires et blanches évoque le bruit perçu sur les téléviseurs analogiques qui serait dû à une captation résiduelle de photons provenant du fond diffus cosmologique.

Mue par des problématiques relatives à la mémoire et à la transmission, c’est notamment au travers des nouvelles technologies que Julie Carré s’emploie à mettre en exergue l’importance des récits et la symbolique d’une mémoire collective. Forte d’un travail à l’origine axé sur l’image, ses modes de production, de réception et de perception, elle s’attache par ailleurs à la mise en résonance des langages écrit, parlé et visuel.
En instaurant dans chacune des pièces de son diptyque un élément perturbateur, celui du bug, elle cherche des formes qui contraignent aussi bien qu’elles n’activent ou démultiplient l’usage du langage. Noèsis, un corps en plâtre se meut d’un point A à un point B porté par une barre en métal. Sa route, ligne droite, faite d’aller-retours absurdes et lents forme le signe d’un agissement mesuré au milieu d’un cadre ; Malentendu, un second buste agrège les stimuli sonores qui l’environnent et les converti en données textuelles porteuses de sens. Selon l’espace dans lequel s’inscrit cet objet, la nature et le contenu des textes évoluent suivant les interactions des visiteurs qui en nourrissent directement le contenu.

Source : Un Singe en Hiver – Photo © Matice Follis

Publié par Bertrand Carlier

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